[0:30] En fait, plus elles passent de temps avec le chatbot, et moins elles ont envie de socialiser dans la vraie vie. Alors, pour arriver à ces conclusions, OpenAI a mené deux études parallèles, en partenariat avec le MIT Media Lab. D’abord, une analyse de plus de 4 millions de conversations sur sa plateforme, et ensuite, un essai sur un millier de participants pendant environ un mois. Tous devaient utiliser ChatGPT avec différentes configurations, en mode texte, en mode vocal, et puis avec une voix neutre ou au contraire avec une voix plus chaleureuse. Certains devaient parler de sujets personnels, d’autres de sujets pratiques.
[1:05] On parle de voix, oui, car ChatGPT s’utilise de plus en plus aussi bien par écrit qu’oralement avec le mode vocal. Ce qui devient d’ailleurs une vraie tendance chez certaines personnes qui ont pris l’habitude de lancer l’assistant à tout bout de champ dans la journée pour parler de tout et de rien, des sujets importants, professionnels, personnels ou simplement de temps en temps faire un peu de conversation. Alors les résultats de cette étude montrent que les échanges vocaux, oralement donc, sont plus émotionnels. Les utilisateurs parlent de leurs problèmes, expliquent leur solitude ou cherchent du réconfort. Et ça va dans les deux sens car le modèle lui-même s’adapte et adopte des comportements affectifs. ChatGPT est toujours gentil, il nous parle comme si on était son meilleur ami, en ne nous contredisant jamais. et c’est peut-être ça le pire.
[1:55] Il sait même parfois utiliser des surnoms pour nous poser des questions personnelles. Alors attention, malgré tout, si tout cela montre que cela conduirait certaines personnes à se détacher des vraies relations humaines, les chercheurs appellent à ne pas tirer de conclusions hâtives trop vite car tous les utilisateurs ne réagissent pas de la même manière. En fait, il y a une petite minorité, surnommée les power users.
[2:18] Qui est à l’origine de la majorité des conversations avec une forte charge émotionnelle. Ces utilisateurs sont aussi ceux qui déclarent le plus de signes de mal-être. Autrement dit, est-ce que ChatGPT encourage ou simplement vient combler un mal-être ? Autre point marquant, les personnes les plus seules au début de l’étude sont celles qui utilisent le plus le chatbot. Elles sont ainsi les plus susceptibles d’établir un lien affectif avec l’intelligence artificielle.
[2:48] Paradoxalement, celles qui avaient déjà une vie sociale riche auraient tendance à moins interagir avec ChatGPT ou à l’utiliser de manière beaucoup plus neutre.
[2:57] Voilà pour cette étude, dont les grandes tendances avaient déjà été évoquées avec d’autres études menées précédemment et qui montraient que, d’une manière générale, l’IA conversationnelle peut jouer véritablement sur
[3:09] notre mental, avoir de l’effet. Le phénomène le plus spectaculaire, c’est celui de ces personnes, notamment des jeunes en Asie, qui développent de véritables relations sentimentales avec des clones virtuels, notamment via l’application bien connue Replica ou toutes sortes d’autres applications du même genre. Mais ça va plus loin. Il y a aujourd’hui, par exemple, des couples qui utilisent les chatbots d’IA pour régler leurs conflits est mieux communiquée. Il y a des parents qui interrogent l’IA pour avoir des conseils d’éducation face à des enfants récalcitrants qu’ils n’arrivent plus à gérer. Bref, l’IA s’insinue partout et en gros, dès qu’on a une préoccupation,
[3:46] une interrogation, hop, c’est le réflexe chat-GPT. Et même si tout cela n’impacte pas tout le monde de la même manière, ça devient donc petit à petit, ou en tout cas ça peut devenir un véritable substitut aux relations humaines avec les risques de nous couper et progressivement des autres vrais humains en cas d’usage intensif. Donc attention si vous commencez à passer trop de temps sur ChatGPT, car la science-fiction nous l’a déjà montré, il est facile pour un humain qui ne va pas très bien de mieux aimer les robots que les autres humains.
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